De plus en plus de Français séduits par le Qi Gong

« Ni art martial, ni danse, le Qi Gong (se prononce chi kong), une gymnastique de santé traditionnelle chinoise alliant exercices du corps et de l'esprit, séduit de plus en plus de Français en quête de "bien-être". »
Paris-AFP - 06/06/2010
Introduite dès les années 1970 en France, cette pratique vieille de près de 3.000 ans est moins connue que le yoga indien mais elle fait partie des piliers de la culture chinoise, au même titre que ses grands courants philosophiques, le taoïsme et le confucianisme.
Elle s'est considérablement développée au cours des 15 dernières années en France et compte aujourd'hui 40.000 adeptes, dont 14.000 adhérents réunis au sein de la Fédération de Qi Gong et Arts énergétiques (FEQGAE), 400 professeurs diplômés et 300 associations partout en France, selon Dominique Casays, son président.
Forte de ce succès, la FEQGAE organise dimanche 6 juin sa seizième journée nationale du Qi Gong avec démonstrations, conférences et ateliers de pratique dans neuf villes de France (Paris, Strasbourg, Lyon, Marseille, Lodève, Montauban, Nantes, Lille, Tours).
"C'est une mode certes, quelque chose d'un peu exotique, avec l'ouverture de la Chine et la redécouverte de sa culture, mais ça correspond aussi à une demande occidentale: une activité simple pour être bien dans son corps et équilibré face à toutes les contraintes" de la vie, ajoute M. Casays.
A Paris, 10, rue de l'Echiquier, le professeur Ke Wen, une Chinoise de 44 ans originaire de la province de Sichuan, a imprimé sa passion au plus grand centre de l'Hexagone, "Les temps du corps", vaste espace de 600 mètres carrés, créé en 2000 où sont enseignés gymnastiques orientales et arts martiaux.
"C'est une pratique corporelle qui permet de découvrir la culture chinoise mais c'est surtout une gymnastique complète de l'âme et du corps qui vise à l'unité, l'équilibre, pour être calme et en joie au quotidien", explique Ke Wen, pionnière dans l'enseignement de cet art en France, installée depuis 17 ans à Paris.
"Qi, c'est l'énergie, le souffle, et Gong, le travail, la technique, en même temps que le résultat visé", ajoute Ke Wen, expliquant s'être "adaptée" aux occidentaux, "pas habitués" à ce type de pratique, quotidienne en Chine, et avoir touché une nouvelle génération de trentenaires "recherchant profondément l'équilibre".
Devant elle, 20 à 30 élèves reproduisent des mouvements lents. Déplacements et respiration sont indissociables. "On fait circuler l'énergie", dit-elle. Chacun s'adapte en fonction de sa souplesse et de ses capacités.
Les mille méthodes du Qi Gong se retrouvent dans l'esprit du "Yangsheng", l'art de "nourrir le vivre", qui comprend aussi la diététique, les arts et tous les conseils pour vivre le mieux possible en bonne santé et épanoui.
Si les convertis de longue date ont investi les parcs, les champs et le bord de mer, des institutions comme les hôpitaux s'y intéressent de plus en plus et nombreux sont les adeptes qui le pratiquent quotidiennement au travail, explique M. Casays.
Comme Bernadette, hôtesse de l'air depuis plus de 15 ans, qui explique l'utiliser en vol lorsqu'elle ressent "une tension, une fatigue, une douleur, sous forme statique ou d'automassage dans la plus grande discrétion".
Pour Céline, responsable dans une grande banque française, le Qi Gong c'est "dès le matin au saut du lit, 30 minutes pour éveiller le corps calmement". Suivent "deux séances de 15 minutes" au travail, une pratique qui l'aide, dit-elle, à "faire face aux situations conflictuelles, à faire disparaître les tensions, le stress et à recadrer les choses avec douceur".